Attaque et métamorphose(suite)

Attaque et métamorphose(suite)
Bellatrix Lestrange fut soudain projetée contre un mur. Des membres de l'Ordre du Phénix transplanaient de toute part. Lupin vint aider Harry,secouer de tremblements,à se tenir debout. Les Mangemorts,voyant qu'ils étaient en infériorité,s'étaient volatilisés.
-Ça va,Harry? demanda Lupin en l'observant d'un regard inquiet.
-Oui,ça va,répondit Harry. Il faut aller aider Ron et Hermione. Et Ginny où est-elle?
Il tourna la tête vers l'endroit où elle se tenait avant qu'il n'affronte la Mangemort.
-Ne t'inquiète pas,ils vont bien,dit Lupin.
Il semblait plus pâle et malade que d'ordinaire,si cela était possible. La sueur perlait sur son front et il respirait de manière étrange,comme un long râle.
-Remus,commença-t-il,tu ...
-Harry! Tu vas bien?
Hermione se précipita vers lui. Derrière,Ron soutenait Ginny par un bras.
-Oui...tu es blessée Ginny?
-Oh ce n'est rien,le rassura-t-elle. Il en faut plus que ça pour m'atteindre.
Son pantalon était déchiré et une large entaille apparaissait sur sa jambe.
-Je n'arrive pas à y croire! s'exclama Hermione avant que Harry n'ait pu dire quelquechose. Comment les Mangemorts ont-ils fait pour transplaner ici? Je pensais que le Terrier était protégé par des sortilèges,des enchantements...
-Tu as raison Hermione,dit Lupin. Ou du moins tu avais raison. Il semblerait que depuis la mort de Dumbledore,les protections mises en place n'agissent plus. Ce n'est pas étonnant,étant donné que c'était Dumbledore lui-même qui les avait élaborées... Allons dans la cuisine. Alastor est en train de soigner votre mère,ajouta t-il à l'adresse de Ginny et Ron.
A peine étaient-ils entrés dans la cuisine que Ron et Ginny furent littéralement dévastés par une tornade rousse.
-Oh mes chéris! J'ai cru que je vous avais perdu!
-Maman,tu nous étouffes! réussit à prononcer Ron malgré la pression qu'exerçait sa mère sur lui.
Mrs Weasley déserra son étreinte,et les examina de la tête aux pieds. Son visage ruisselait de larmes.
-Vous n'avez rien? s'enquit-elle.
-Non Maman,répondit Ginny. On est sains et saufs.
-Et vous? Harry? Hermione? demanda-t-elle en les serrant dans ses bras à leur tour.
-Nous allons bien Mrs Weasley,rassurez-vous,répondit Hermione avec un sourire.
-Humpf! Nous,on a droit à aucun réconfort...
-Alors que nous sommes tes enfants biologiques!
Fred et George venaient d'entrer,suivis de Tonks et Mr Weasley. Mrs Weasley étreignit ses fils et son mari,puis,contre toute attente,laissa éclater sa colère.
-COMMENT?! Comment ces satanés Mangemorts ont-ils pu réussir à pénétrer ici,dans notre propre maison?! Arthur,j'attends des explications!
-Calme-toi Molly,dit Mrs Weasley,l'air fatigué. Asseyons-nous.
La famille Weasley,Harry,Hermione,Tonks,Lupin ainsi que Maugrey prirent place. Les autres membres de l'Ordre étaient,quant à eux,en train d'inspecter les autres pièces de la maison. Après quelques minutes,Mr Weasley reprit la parole:
-Nous pensons que les protections magiques installées par Dumbledore pour protéger la maison n'ont plus aucun effet depuis sa mort. Il est également très probable que celles que nous avons rajoutées à l'arrivée de Harry aient cédé devant les contre-sorts et autres maléfices lancés par les Mangemorts. Et je peux vous assurer qu'il fallait faire preuve d'une grande connaissance en matière de magie noire pour parvenir à les détruire.
Tous les membres de l'Ordre ont participé à l'élaboration des sorts de protection.
Un long silence accueillit cette déclaration. Chacun savait que si les Mangemorts étaient parvenus à défaire de puissantes protections magiques mises en place par plus d'une vingtaine d'Aurors,cela signifiait qu'ils étaient en très mauvaise posture. Personne n'était plus en sécurité nulle part dorénavant.
-Mais ce n'est pas tout,intervint alors Maugrey dont l'½il magique tournait dans son orbite à toute vitesse. Les Mangemorts nous ont berné! Kingsley a reçu un appel peu avant l'attaque,disant que Pré-au-Lard était mis à feu et à sang par une trentaine de Mangemorts. Bien sur au début, ça nous a paru bizarre étant donné que nous avions posté nos meilleurs éléments dans ce secteur...
-Mais vous y êtes quand même rendus,dit Harry,la mine sombre.
-Exact, reconnut Maugrey. Lorsque nous nous sommes arrivés sur les lieux,on s'est tout de suite rendus compte qu'on nous avait trompés.
-Heureusement,nous avons évité un drame de justesse,dit Mr Weasley. S'il vous était arrivé quelquechose,je...
Harry n'écoutait plus Mr Weasley. Il avait le regard fixé sur Lupin.
-Tout va bien Remus? demanda-t-il. Tu as l'air...exténué.
-Un peu de fatigue,c'est tout,rassura Lupin avec un faible sourire. Nymphadora,on devrait aller les alentours pour s'assurer que tout est en ordre.
-Tu as raison,approuva Tonks.
Elle se leva ,suivit de Lupin.
-Je vais voir Kingsley,dit Maugrey à son tour. Arthur?
-Je te suis,répondit Mr Weasley. Je reviens dès que je peux Molly,ajouta-t-il voyant que sa femme s'apprêtait à l'en empêcher. Allons-y.
-Maman,comment va-t-on faire pour le mariage? demanda timidement Ginny.
Mrs Weasley ne lui répondit pas tout de suite. Elle semblait réfléchir.
-Le mariage est...annulé,hélas,finit-elle par dire. Je vais envoyer un hibou en France,et expliquer la situation à Bill et à Fleur. Ils comprendront. Fred,George,vous devriez rentrer chez vous maintenant,je suppose qu'il n'y a plus de danger maintenant.
-Oui,on y va,répondit George. A demain.
-Ginny,appela Mrs Weasley tandis que les jumeaux transplanaient,viens avec moi que je soigne ta blessure.
Ginny acquiesça et suivit sa mère hors de la cuisine,laissant Harry,Ron et Hermione plongés dans leurs pensées.
Ce fut Hermione qui brisa le silence.
-Je ne comprends toujours pas,dit-elle,fixant un point invisible devant elle.
-Quoi? demanda Ron d'un ton sarcastique.
-Pourquoi Voldemort nous a-t-il envoyé ses Mangemorts au risque de faire échouer ses plans? De plus,les membres de l'Ordre vont intensifier leurs recherches désormais. A sa place,je resterais dans l'ombre à réunir des forces pour...le coup final,non? Tout cela n'a aucun sens.
-Oh que si ça a en un,intervint Harry. Je suis sûr et certain qu'il est déjà parvenu à réunir de nombreux partisans. L'attaque d'aujourd'hui,c'est simplement pour se divertir. Et aussi nous rappeler qu'il est toujours là,tapi dans l'ombre,à attendre son heure.
-Dire que ce matin je me réjouissais qu'un Mangemort aie été arrêté! soupira Ron.
-Après cette attaque,je ne vois pas comment le ministère va réussir à rassurer la communauté des sorciers,dit Hermione. Ils ne pourront tout de même pas l'ignorer.
Le soir venu,le Terrier avait retrouver son état d'origine. Mrs Weasley,grâce à ses talents de réparatrice,réussit à reconstituer meubles,vases et même la vieille horloge dont les aiguilles indiquaient l'endroit de chaque membre de la famille Weasley très endommagée. Personne n'aurait imaginé que quelques heures plus tôt,une attaque avait eu lieu sous ce toit.
-Tout sera en première page de la Gazette dès demain matin,annonça Mr Weasley en rentrant chez lui. Rita va s'en donner à coeur joie. Et pour une fois,ce qu'elle publiera sera la vérité,hélas.
-Et Scrimgeour? interrogea Lupin,revenu de sa ronde. Qu'a-t-il dit ?
-Simplement qu'il prendra"des mesures nécessaires afin d'assurer la sécurité de la communauté des sorciers",répondit Mr Weasley,attaquant avec appétit un bol de soupe aux potirons. Ce ne sont que des paroles en l'air. Ils ne savent pas quoi faire,voilà tout.
-Ils devraient agir au lieu de rester les bras croisés! intervint alors Harry. C'est en partie de leur faute tout ce qui arrive. S'ils avaient écouté le professeur Dumbledore depuis le début,on n'en serait ...
Il laissa sa phrase en suspens,et fixait Lupin,assis en face de lui. Il tremblait et ses pupilles s'étaient dilatées. Harry jeta un coup d'oeil au-dehors. Le ciel était d'un noir d'encre,et la lune n'avait jamais été aussi claire. Non,ça ne pouvait pas être...
-La pleine lune! s'exclama Harry. Regardez,Remus est en train de se transformer!
De longs poils commençaient à apparaître un peu partout sur ses avant-bras,ainsi que sur son visage,sur lequel s'allongea un long museau. Ses mains furent bientôt remplacées par des pattes aux griffes acérées,et ses dents par des crocs.
-Vite! s'écria Mr Weasley. Je vais transplaner avec lui. Il y a une forêt proche d'ici.
-Arthur,c'est dangereux!
Ils avaient déjà transplané. Au loin,des hurlements déchirants se firent entendre.

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 12:47

Modifié le dimanche 24 février 2008 13:35

Examen de transplanage au ministère

Examen de transplanage au ministère
-Comment a-t-il pu oublier de prendre sa potion? s'indigna Hermione. Ce n'est pourtant pas si compliqué de la prendre une fois par mois!
Mrs Weasley,rongée par l'inquiétude,était montée dans sa chambre,laissant Harry,Ron,Hermione et Ginny dans le salon.
-Ecoute Hermione,c'est Rogue qui préparait sa potion... commença Harry.
-Ce n'est pas une raison,Harry! Si Mr Weasley n'avait pas été là, Remus aurait pu tous nous tuer!
-Hermione,tu exagères...dit Ron.
-Non,je suis réaliste! Remus est un excellent professeur et un très bon ami,mais il n'empêche que...
-Arrête Hermione! s'écria soudain Harry,faisant sursauter Ginny,assise près de lui. Tu ne sais pas ce que c'est de vivre en sachant que peut faire du mal à ses proches à tout moment! Tu ne crois pas qu'il se sent déjà assez coupable sans qu'il y ait des gens comme toi qui lui rappelle sans cesse que c'est un loup-garou,et qu'il ne pourra jamais en être autrement?!
Un silence de mort s'abattit dans la pièce. Hermione tremblait de colère,et ses yeux lançait des éclairs. Jamais Harry ne s'était mis autant en colère contre elle. En général, c'était plutôt le rôle de Ron.
"Elle a dépassé les bornes" se dit Harry,bouillonnant de rage.
-Je vais me coucher,dit Hermione après quelques minutes d'un silence tendu. Bonne chance Ron,pour ton permis.
Elle se leva d'un coup,comme si elle était assise sur des ressorts et fila vers les escaliers,suivie de près par Pattenrond dont on n'avait rarement aperçue la queue touffue depuis qu'Hermione était au Terrier. Ron,qui n'avait cessé de jeter des coups d'oeil furtifs à Harry et Hermione,alla se coucher peu après.
-Tu y as été un peu fort,non? demanda Ginny en se lovant dans les bras de Harry.
Il ne répondit pas tout de suite.
-Peut-être mais j'en aie marre que même ma meilleure amie traite Remus comme un monstre. C'est comme un père pour moi,tu comprends?
-Oui,mais tu connais Hermione. Elle a tendance à prendre les choses trop à coeur. Je suis sure qu'au fond,elle ne voulait pas te blesser.
-Eh ben je crois que c'est la seule chose qu'elle ait ratée depuis bien longtemps.
-Probablement...Bon je vais me coucher,dit Ginny en étouffant un bâillement.
-Moi je reste ici un moment, répondit Harry. Bonne nuit,ajouta-t-il en déposant un baiser sur les lèvres de Ginny.
-Bonne nuit. A demain.
Harry replongea dans ses pensées lorsque Ginny fut partie. Hermione l'avait déçue ce soir,et il était décidé à attendre ses excuses le temps qu'il faudra. Il y a quelques minutes,il aurait pensé qu'elle aurait été la dernière personne à critiquer Remus... Elle,qui soutenait tellement la cause des elfes de maison...
Il repensa alors à ce que Sirius lui avait dit lors de sa quatrième année,et ce que Dumbledore lui répétait lorsqu'il était en vie:
"Reste proche de tes amis,Harry".
Il ne reconnaissait même plus ses amis...

C'était encore le petit matin au moment où Ron et Harry finissaient de se préparer.
"Il risque d'y avoir foule demain,levez-vous de bonne heure,leur avait dit Mr Weasley. De plus,mieux vaut revenir le plus tôt possible,on ne sait jamais..."
Après avoir avalé un rapide petit-déjeuner, Mr Weasley fabriqua un Portoloin qui les fit atterrir une fraction de seconde plus tard,dans le grand hall blanc du ministère de la magie. Il était vide excepté la présence de quelques gobelins,procédant à des allées et venues quelque peu suspectes. Harry et Ron échangèrent un regard.
-Bon les garçons,direction l'étage des transports magiques. Quand ce sera terminé,rejoignez-moi dans mon bureau. On sera sûrement de retour à la maison pour le déjeuner. Bonne chance à vous deux!
-Arthur!
Mr Weasley leur fit un sourire puis se dirigea à grands pas vers l'homme qui l'avait interpellé,Amos Diggory.
Harry et Ron prirent l'ascenseur,bientôt suivis par une demi-douzaine de notes volantes. L'un et l'autre étaient anxieux à l'idée de ne pas obtenir leur permis de transplanage.
-Si j'échoue encore une fois,je crois bien que je ne m'en remettrais pas,dit Ron,une pointe d'inquiétude perçant dans la voix. L'ascenseur fit un bruit cinglant en s'arrêtant à l'étage des transports magiques. Ron sortit le premier...et se figea.
-Bonjour Ronald.

-Toi! dit Ron avec hargne.
C'était Percy. Pourtant,on avait dit qu'il avait énormément changé:les traits tirés,la mine fatiguée,il n'arborait plus cet air hautain et arrogant. Il semblait plutôt être triste.
"Plus humain en soi" pensa Harry.
-Ne m'adresse pas la parole! On ne se connait pas,compris?
Ron bouscula son frère aîné et se dirigea à grands pas vers la salle réservée aux transplanages, devant laquelle quelques élèves de Poudlard faisaient la queue. Il y avait également des élèves de l'école Beaux-Bâtons, que l'on reconnaissait à leur accent français. Harry s'apprêtait à rejoindre Ron quand Percy,qui n'avait pas bougé lorsque Ron avait laissé libre cours à sa colère,le retint par le bras.
-Il faut que je te parle Harry...commença Percy.
-Je n'ai pas de temps à perdre avec toi Percy, le coupa Harry en se dégageant de son étreinte.
-Je te demande simplement deux minutes de ton temps. S'il te plaît.
Harry consentit à les lui accorder.
-Je t'écoute.
-Je voulais te présenter mes excuses,dit Percy. Je voulais te dire que je regrette tout ce que j'ai dit sur ton sujet.
-A quel propos exactement? répliqua Harry d'un ton cinglant. Sur le fait que tu aies dit à Ron que je n'étais pas quelqu'un de fréquentable? Ou bien sur le fait que j'étais un gars complètement cinglé, qui ne cessait de raconter des mensonges juste pour s'attirer les bonnes faveurs de Dumbledore? Ou encore que ta famille avait fait une erreur en...
-Pour tout ce que j'ai pu te dire,Harry. Je regrette sincèrement
. Je me rends compte aujourd'hui que monsieur Croupton...n'était pas un modèle à suivre (Harry savait combien il lui coûtait de critiquer un haut supérieur du ministère, bien qu'il ne soit plus en fonction), et je m'en veux d'avoir été aussi aveugle face à l'évidence. Je te demande de me pardonner mon erreur.
Harry réfléchit quelques instants.
-Excuse-toi d'abord auprès de ta famille, finit-il par dire. Après, on verra.
Harry laissa Percy planté devant les portes de l'ascenseur qui venait de s'ouvrir sur deux hommes,et alla rejoindre Ron.
-Alors,qu'est-ce qu'il te voulait,ce crétin? demanda-t-il.
Il était devenu écarlate et tremblait de colère, comme à chaque fois qu'il croisait son frère.
-Rien d'important,répondit Harry, en détournant les yeux sous le regard suspicieux de son ami.
-Ronald Bilius Weasley?
Quelques ricanements se firent entendre.
-Euh...ou...oui? bafouilla Ron,qui n'avait toujours pas perdu ses couleurs, bien au contraire.
-C'est à votre tour, dit la jeune sorcière qui venait de l'appeler. Veuillez entrer.

Elle jeta un coup d'oeil à la file qui ne cessait de s'allonger et soupira.
-Pffff... On en a encore pour un bon moment,dit une voix derrière Harry.
Il se retourna et fit face à Dean Thomas et Neville Londubat, ses camarades de Poudlard.
-Salut les gars! Vous allez bien?
Les trois gryffondors se serrèrent la main.
-Très bien, répondirent Dean et Neville à l'unisson. Et toi Harry,ajouta Neville,je suppose que ça n'a pas du être facile ces derniers temps?
-Je vais bien, rassura Harry. Cela fait longtemps que vous attendez?
-Mouais, ça fait à peu près une heure, répondit Dean. Ma mère a tenu à m'accompagner jusqu'à l'ascenseur,la honte... . Ils essaient de se dépêcher de faire passer tout le monde, ajouta-t-il en désignant la porte de la salle derrière laquelle Ron venait disparaître, à cause de tous les risques qu'on court dehors. Tu sais, les Mangemorts et tout ça...
-C'est sur,dit Harry. ils ne voudraient pas avoir d'autres agressions ou morts sur les bras...
Dean et Neville échangèrent un regard.
-Ma grand-mère m'a assuré ce matin en venant, qu'après tout ce qu'il m'était arrivé ces deux dernières années, il n'y a plus raison de s'inquiéter pour moi, dit Neville fier. Je saurais me débrouiller.
-Et ben si tu veux mon avis, c'est pas très rassurant souffla Dean à Harry.
Une quinzaine de minutes plus tard, la porte de la salle d'examen s'ouvrit à nouveau. Ron sortit, tout sourire.
-Je l'ai eu! Je l'ai eu Harry! s'exclama-t-il, brandissant un parchemin jauni comportant le sceau du ministère.
-Félicitations Ron!
-Alors, c'était difficile? s'empressa de demander Neville tandis qu'un certain Ryan Keir était appelé.
-Oh tu verras Neville,tu l'auras les doigts dans les pieds...
-Dans le nez Ron, rectifia Dean. On dit "les doigts dans le nez".
-Oui,c'est ce que je voulais dire. Bref, il n'y a aucune raison de s'en faire Neville, assura Ron la tête haute, vraiment aucune. J'aurai pu l'avoir les yeux fermés.
-C'est d'ailleurs pour ça que tu as échoué une première fois, dit Harry, un sourire niais sur les lèvres.
Ron se renfrogna et ne prononça plus un mot.
Il était neuf heures et quart lorsque "Harry James Potter" fut appelé. Après quelques tapes amicales et mots d'encouragement, Harry s'avança vers la salle d'examen, par laquelle le dénommé Ryan Keir sortait. Il bouscula Harry et s'éloigna d'un pas rageur. Harry se sentit de moins en moins rassuré.
La salle dans laquelle il entra avait à peu de choses près les mêmes dimensions que la Grande Salle de Poudlard où il avait l'habitude de prendre ses repas, mais était loin de dégager la même chaleur et le même accueil que cette dernière. Le plafond était si haut que l'on avait du mal à le voir. Harry se demanda comment le ministère pouvait renfermer une aussi grande salle. Les murs étaient en pierre brute, et les deux seules fenêtres où les faibles rayons du soleil peinaient à éclairer la salle ressemblaient plus à des meurtrières qu'à autre chose. Quelques bougies au lueurs tremblotantes suspendues en l'air contribuaient à rendre l'atmosphère plus lourde. Il était certain que les conditions n'étaient pas idéales pour passer un examen de transplanage en toute sérénité-ou sécurité.
Harry alla se placer devant les trois personnes assises au fond de la salle et qui constituait à n'en pas douter le jury d'examen. Il se composait de deux hommes et de la femme qui venait de le convoquer dans le couloir: l'homme assis au milieu semblait être le président du jury. Le teint cireux, les cheveux raides et les yeux aussi noirs que ceux de Harry étaient verts, il le regardait avec intérêt. Ses yeux s'attardèrent une fraction de seconde sur la cicatrice de Harry,que celui-ci s'empressa de rabattre quelques mèches sur son front. Les deux autres membres du jury, occupés mettre de l'ordre dans leur papier, n'accordèrent pas un regard à Harry.
-Bien... veuillez décliner votre identité jeune homme, demanda l'homme au teint cireux.
-Harry James Potter,17 ans, élève à Poudlard...monsieur.
Lorsque Harry prononça le mot "Poudlard", le deuxième homme émis un toussotement discret.
-Bien, reprit le président du jury sans tenir compte de l'intervention de son collègue. Placez-vous à l'intérieur du cerceau devant vous. (Harry s'exécuta). Maintenant, vous allez tenter de transplaner dans celui situé à l'autre bout de la salle. Veillez à bien vous concentrer et surtout pensez aux trois D: Décision, Détermination et D............... Ne vous inquiétez pas si quelquechose tourne mal, nous serons là pour intervenir. Allez-y.
Harry hocha la tête. Ses mains tremblaient et son coeur battait si vite que Harry se demanda s'il n'allait pas s'évanouir avant même d'avoir tenter quelquechose. "Décision, Détermination et D.............." pensa-t-il très fort. Il fixa le lieu où il devait atterrir et grava l'image dans sa tête. A peine avait-il fermé les yeux qu' Harry ressentit cette sensation familière- et pour le moins désagréable -comme s'il était compressé dans son propre corps et qu'il ne contrôlait plus sa respiration. Elle se dissipa peu à peu lorsqu'il rouvrit les yeux et s'aperçut avec satisfaction qu'il était arrivé à bon port, et entier.
-Très bien monsieur Potter. Dernier exercice. Vous allez transplaner dans le hall du ministère et revenir toujours en transplanant. Allez-y, mon assistante vous attend.
Harry remarqua en effet que la jeune femme présente il y a quelques minutes avait disparu. Il visualisa le hall du ministère: le bureau des gobelins en face de l'entrée, la petite fontaine surmontée des statues d'un gobelin, d'un elfe et d'un sorcier situé près de l'ascenseur, permettant d'accéder aux différents étages du bâtiment. Il ferma les paupières. Et comme la première fois, Harry réussit son transplanage, tellement bien qu'il manqua de renverser la sorcière membre du jury, qui lui adressait un large sourire.
-Je crois ne pas me tromper en vous annonçant que vous venez de réussir votre examen avec succès, monsieur Potter. Retournons en salle d'examen pour la remise de votre permis.
Et dans un léger "pop", elle disparut. Harry la suivit.
Revenu en salle d'examen, il fut chaleureusement félicité par l'homme au teint pâle, qui lui serra la main deux bonnes minutes- ce qui parut à Harry légèrement excessif - et lui remis enfin le permis de transplanage. Harry saisit le bout de parchemin comportant le sceau du ministère, et s'empressa de sortir la salle. Il s'apprêtait à tourner la poignée de la porte quand il sentit un regard sur lui. Il se retourna mais les juges s'étaient déjà replongés dans leur parchemins. Harry pensa que c'était sûrement son esprit qui lui jouait des tours, et sortit. L'homme au teint pâle se frotta l'avant-bras avec vigueur.
Ron, qui avait repris sa bonne humeur, vint à sa rencontre et le félicita à son tour en énumérant toutes les choses qu'ils pourraient désormais faire sans autorisation préalable de Mrs Weasley, entre autres. Après avoir dit au revoir à Dean et à Neville qui venait d'être appelé, Harry et Ron se dirigèrent vers l'ascenseur pour descendre au département du détournement des objets d'artisanat moldu, où travaillait Mr Weasley. Au détour d'un couloir, ils aperçurent Rufus Scrimgeour, l'actuel ministre de la magie marchant un grand pas, et lançait de temps à autre de petits coups d'oeil furtifs derrière lui.
-Tiens c'est bizarre, papa m'a dit qu'il devait se rendre en France, dit Ron en le désignant de la tête. Il était censé avertir son homologue de la guerre qui se prépare...
-Harry avait déjà sorti sa cape d'invisibilité qu'il gardait toujours avec lui, dissimulée sous ses vêtements.
-Qu'est-ce que tu fabriques...?
-Vite, le coupa Harry en se cachant derrière un pan de mur. Mets-toi sous la cape, on va le suivre.
-Mais pourquoi faire? protesta Ron qui s'enveloppa tout de même de la cape.
-Tu viens de le dire toi-même. Ce n'est pas normal qu'il ne se soit pas rendu en France pour les prévenir de la guerre. D'autant plus que j'aimerais bien savoir pourquoi il a l'air si pressé...
Ron poussa un léger soupir tout en se pressant aux côtés de Harry pour rattraper Scrimgeour. Leurs pieds dépassaient de la cape d'invisibilité mais ils ne s'en souciaient pas. Ils faillirent percuter le ministre de plein fouet lorsqu'il s'arrêta brusquement devant son bureau. Il jeta un dernier coup d'oeil dans la direction de Ron et Harry-et par chance ne vit pas le bout de leurs baskets dépasser-et entra. Harry et Ron réussirent à se faufiler in extrémis dans la pièce.
Le bureau de Rufus Scrimgeour donnait l'impression à Harry de celui de l'inspecteur de police qu'il avait l'habitude de regarder à la télévision lorsque les Dursley sortaient-chose assez rare- plus qu'au bureau d'un ministre de la magie. Peu meublée, les murs étaient tapissés de coupures de journaux et de diverses images en noir et blanc lançant tantôt des regards chargés de haine, tantôt des coups d'oeil apeurés à Rufus Scrimgeour. Les fenêtres de la pièce étaient cachées par des rideaux sombres qui laissaient à peine filtrer la lumière du jour. Un large bureau occupait la majeure partie de l'espace, ainsi qu'un fauteuil matelassé en cuir rouge sang, dans lequel alla s'asseoir Scrimgeour, l'air soucieux. Le ministre fixait avec intensité la cheminée qui lui faisait face. Un feu doux crépitait dans l'âtre, ce que Harry trouva anormal étant donné l'heure avancée et la chaleur d'été encore présente. Moins d'une minute plus tard, les flammes tremblotèrent quelques instants et un visage apparut. Ron et Harry le reconnurent aussitôt : c'était le président du jury d'examen, l'homme au teint pâle.
Rufus Scrimgeour se leva brusquement de son siège,se dirigea vers la cheminée et fit face à l'homme. Celui-ci le regardait fixement, une lueur de mépris dans son regard, très perceptible même dans les flammes. Il semblait bien différent de l'homme devant lequel Harry et Ron venaient de passer.
-Vous savez pertinemment qu'il est risqué de me contacter ici! dit Scrimgeour ,tentant de maîtriser sa voix qui tremblait légèrement. Que me voulez-vous?
Harry et Ron, jusque-là recroquevillés dans un coin de la pièce, s'approchèrent un peu plus du ministre.
-Tsss tsss...ici c'est moi qui pose les questions, rétorqua l'homme d'un ton sans réplique. Avez-vous accompli la tâche que je vous ai confié?
-Oui, le conseil a finalement accepté de rouvrir Poudlard. Et ça n'a pas été une mince affaire...
-Peu importe les détails Scrimgeour. L'important est que cela ait été fait. Désormais, il faut s'assurer qu'il revienne à Poudlard. C'est capital.
Le ministre blêmit.
-Attendez, il n'a jamais été question de son retour à Poudlard!
-Je n'ai que faire de ce dont il a été question ou pas. Je me charge de transmettre les instructions du Maître et je vous conseille grandement de les exécuter. Vous ne voudriez tout de même pas contrarier le Maître? après ce qu'il vous a promis?
-Bien sûr que non,s'empressa de répondre Scrimgeour, le front en sueur. Mais maintenant que Dumbledore est mort, je doute qu'il y revienne de plein gré...
-Débrouillez-vous! aboya l'homme et des germes d'étincelles jaillirent dans l'âtre. Ce n'est pas mon problème. Contentez-vous de faire ce que l'on vous demande et en toute discrétion, cela va de soit.
Il se volatilisa dans un dernier jaillissement d'étincelles. Le ministre resta un moment devant la cheminée, contemplant le feu qui s'éteignait peu à peu. De grosses gouttes perlaient sur son front. Harry se demanda si cela était du à la chaleur suffocante qui régnait dans la pièce, ou plutôt à la frayeur que lui procurait la conversation qu'il venait d'avoir avec l'homme au teint pâle. Soudain, Scrimgeour se leva et sortit du bureau en claquant la porte de la pièce.
Ron se débarrassa de la cape d'invisibilité.
-Et ben ça alors!

# Posté le jeudi 22 février 2007 07:26

Modifié le dimanche 24 février 2008 13:41

Rentrée

Rentrée
- Rufus Scrimgeour, un mangemort?! C'est absurde!
-C'est pourtant la vérité Hermione, répéta Ron pour la troisième fois.
C'était le jour de la rentrée. Hermione, Ron et Harry s'étaient réunis dans la chambre de Ron et discutaient des événements de la veille. Ron, littéralement affalé sur son lit alors que bon nombre de ses affaires - vêtements, livre de sortilèges et ingrédients de potions- attendaient d'être entassés pêle-mêle dans la valise. Un toast à moitié entamé dans la main, il venait d'expliquer à Hermione ce que lui et Harry avaient découvert à propos du ministre de la magie.
-Mais c'est quand même le ministre de la magie!
-Tiens, c'est bizarre, je m'en serais jamais douté! rétorqua Ron, sarcastique. Et toi Harry, qu'est-ce que t'en penses?
Harry leva le nez du magazine de Quidditch dans lequel il était plongé.
-Je n'en sais rien...mais moi ce qui me préoccupe le plus, c'est de savoir qui doit absolument revenir à Poudlard...
-C'est peut-être un ancien professeur? suggéra Ron.
-Je ne crois pas que...commença Harry.
-Je ne crois pas que...dit Hermione.
Ils se turent en même temps.Ils ne se parlaient plus depuis deux jours déjà. Ron les regarda tour à tour.
-Bon, quand est-ce que vous arrêterez ce petit jeu? demanda Ron qui ne supportait plus d'être au milieu d'un conflit ses deux meilleurs amis. Je vais donc sortir de cette pièce et revenir dans une dizaine de minutes, le temps pour vous...de vous expliquer.
Sur ce, il se leva et sortit en claquant la porte, histoire de faire comprendre qu'ils avaient intérêt à se réconcilier s'ils ne souhaitent pas que leur ami ne leur adresse plus la parole à son tour.
Un silence de mort s'installa. Harry s'obstinait à lire encore et encore une phrase d'un article de son magazine, tandis que Hermione fixait la porte derrière laquelle Ron venait de disparaître
en se demandant si elle ne devait pas le suivre. Aucun des deux ne semblait disposé à engager la conversation. Soudain, Harry posa son magazine et se leva. Il s'apprêtait sortir quand Hermione l'interpella:
-Attends Harry...
Harry s'immobilisa. Il avait la main sur la poignée de la porte et hésitait entre la tourner et sortir et faire un effort considérable pour écouter ce qu'avait à dire Hermione. Il pencha finalement pour la seconde solution.
-Quoi? dit-il avec plus d'agressivité qu'il ne l'aurait voulu dans sa voix.
-Hum...je voulais te dire...enfin...voilà je m'excuse. Je m'excuse d'avoir été aussi méchante, d'avoir dit des horreurs à propos de Remus, et aussi d'avoir pu penser que c'était de sa faute s'il n'avait pas pris sa potion, et aussi de...
-C'est bon Hermione, je crois que j'ai saisis.
-Pardon...mais tu comprends, j'ai bien cru qu'on allait y passer. L'attaque des mangemorts, Remus qui se transforme en plein milieu de la cuisine.... J'ai dit des choses qui dépassaient ma pensée. Tu me crois?
-Bien sûr que je te croie Hermione, dit Harry au bout de quelques minutes.
Il alla s'asseoir près d'Hermione.
-Je pense que moi aussi j'ai prononcé des mots que je ne pensais pas. Je sais que tu as beaucoup de respect pour Remus, et que ça te désole autant que moi et Ron que l'on ait toujours pas trouvé d'antidote pour le guérir définitivement. Je m'excuse de t'avoir crié dessus Hermione.
Une larme roula sur la joue d'Hermione.
-C'est rien Harry.
Harry la prit dans ses bras. Hermione était sa meilleure amie et il était heureux et soulagé de s'être réconcilié avec elle.
-Au fait Harry, à propos de ce que vous m'avez dit tout à l'heure...
-De quoi?
-Tu sais, Scrimgeour et le président de l'examen ont dit qu'il était capital qu'une certaine personne revienne coûte que coûte à Poudlard, c'est bien ça?
-Oui mais où veux-tu en venir?
-J'ai bien réfléchi Harry, et je crois que cette personne, c'est...toi.


-Pour la dernière fois, non!
-Mais tu ne vas tout de même pas te jeter dans la gueule du loup Harry!
Harry, Ron et Hermione étaient en train de fermer leurs valises et s'apprêtaient à les descendre dans l'entrée.
-Ecoute Hermione, Harry sait ce qu'il fait....Finito voce! dit Ron en pointant sa baguette sur la cage de Coquecigrue qui cessa immédiatement de pousser des cris suraigus. Et puis de toute façon, il est déjà en danger!
-Eh ben vas-y, encourage-le toi aussi!
Même après la révélation d'Hermione, Harry était décidé à retourner à Poudlard pour sa dernière année d'étude.
-On en reparlera plus tard, dit-il finalement pour clore la discussion. On nous attend.
En effet, une voiture du ministère réquisitionnée par Mr Weasley les attentait patiemment devant la maison. Il n'avait réussi à en avoir qu'une seule . Après avoir entassé les valises et les cages d'animaux dans le coffre, ils durent tous se serrer sur la banquette arrière - Harry, Ron, Hermione, Ginny, Mr et Mrs Weasley- malgré l'espace qu'offrait cette dernière.
Ils arrivèrent à la gare King's cross au bout d'une demi-heure de route. Tonks et Lupin les attendaient près de la barrière qui permettait d'accéder à la voie 9 3/4. Malgré sa récente transformation, il avait l'air en bien meilleure forme que les jours qui l'avaient précédé. Il y avait peu de moldus dans la gare ce qui allaient leur faciliter la tâche pour traverser la barrière invisible. A croire qu'eux aussi étaient conscients de ce qui se tramait dans le monde de la sorcellerie. Les mines étaient soucieuses, les mères tenaient fermement la main de leurs enfants et les agents de sécurité paraissaient sur le qui-vive.
-Comme d'habitude, vous allez passer deux par deux, rappela Tonks.
Elle avait cette fois-ci opter pour un violet flashi pour la couleur des cheveux, et il était clair qu'elle ne passait pas inaperçue. Deux garçons ricanèrent en passant près d'eux. Tonks n'y prêta aucune attention.
-Ginny, tu passes avec moi en premier, puis Ron et Harry, Molly et Hermione et enfin Remus et Arthur. Allez, ne perdons pas de temps!
Ginny poussa son chariot à bagages et se positionna près de Tonks. Elles foncèrent droit dans le pan de mur et disparurent. Une poignée de seconde plus tard, Harry se retrouva sur la voie 9 3/4. Et c'est qu'il prit conscience d'à quel point la terreur régnait dans le monde des sorciers. Il n'y avait pour ainsi dire personne sur le quai. Ou presque.
En effet, le quai était désert hormis quelques adolescents et leur famille. Harry les avait déjà aperçus à Poudlard et savaient qu'ils appartenaient tous aux maisons Serdaigle et Poufsouffle.
-Surtout fais bien attention à toi ma chérie! dit une femme à sa fille, une jeune fille aux cheveux noirs, qui allait certainement sa deuxième ou troisième année à Poudlard. Oh, je me demande vraiment s'il n'aurait pas été mieux que tu restes auprès de moi et de ton père...
-Mais non maman, tu sais bien que cela ne change rien. Ne t'inquiète pas, je t'enverrai un hibou toutes les semaines.
-Tous les jours tu veux dire!
La jeune fille ne répondit pas. Elle empoigna sa valise et la hissa à bord du Poudlard Express. Elle embrassa rapidement sa mère avant de monter dans le train.
La petite troupe s'avança sur le quai. La locomotive rouge émit une longue trainée de fumée blanche, signe qu'elle n'allait pas tarder à quitter la gare. Harry, Hermione, Ron et Ginny montèrent leurs valises, le panier dans lequel ronronnait paisiblement Pattenrond et la cage vide d'Hedwige - la chouette était parti se dégourdir les ailes - et celle de Coquecigrue dans le train.
-Dernières recommandations avant de partir, dit Remus en les regardant un par un droit dans les yeux. Le ministère a installé des protections supplémentaires autour de l'enceinte de Poudlard et le long de la Forêt interdite. A l'intérieur de l'école également. Je vous conseille donc vivement d'éviter tout petite sortie nocturne. N'est-ce pas Harry?
Harry ne pouvait lui mentir. Il émit un simple grognement.
-Bon passez une bonne année et surtout, tenez-vous tranquilles... même si je sens que ce n'est pas dans vos ambitions.
Il embrassa les filles sur la joue te donna une accolade à Ron et Harry.
-Si tu as besoin d'une quelconque aide, envoie-moi un hibou d'accord? souffla-t-il à l'oreille de celui qu'il considérait comme son fils.
Harry acquiesça. Il savait qu'il pourrait toujours compté sur Remus, quoi qu'il arrive. En dehors des Weasley, il était la seule vraie famille qui lui restait.
Mrs Weasley embrassa tour à tour ses enfants, Hermione et Harry. Elle sanglotait. Malgré la mort de Dumbledore, elle essayait de se persuader que ses enfants étaient sans doute plus en sécurité à Poudlard que nulle part ailleurs. Mais elle se rongeait tout de même les sangs pour eux. Elle aurait préféré les garder au Terrier,eux ainsi que Harry et Hermione...
Mr Weasley et Tonks dirent au revoir à leur tour.
-On se reverra bientôt, garantit Tonks.
-Au fait Harry mon chéri, dit Mrs Weasley, pour ce qui est de tes manuels, j'irai dès demain prendre de l'argent à la banque et te les acheter. Je te les enverrai par hibou.
-Merci beaucoup Molly, répondit Harry.
Un dernier coup de sifflet retentit. Les portes se refermèrent après que Harry, Ron, Hermione et Ginny se soient engouffraient à l'intérieur du train. Ils se précipitèrent fenêtres de la locomotive et adressèrent un dernier signe de la main. Eux aussi étaient inquiets. Ils ne savaient pas quand ils allaient revoir leur famille, et même s'ils allaient les revoir...
Le train commença à sortir de la gare, laissant échapper une longue trainée de fumée blanche. Bientôt, Mr et Mrs Weasley, Tonks et Lupin disparurent de leur champ de vision.
-Allons chercher un compartiment, suggéra Ron. Cela ne devrait pas être trop difficile vu le peu de monde qu'il y a ...
Ils en trouvèrent un de libre quelques minutes plus tard. Chacun hissa sa valise dans le filet à bagages,et s'installa.
-On est seuls maintenant, déclara platement Hermione.
Elle avait raison. En dépit du fait que les Mangemorts aient réussi à pénétrer au Terrier, Harry avait l'impression d'y être en sécurité. Les membres de l'Ordre étaient constamment de passage au Terrier, leur présence le rassurait. Désormais, ils ne pouvaient compté que sur eux-mêmes.
Neville et Luna avaient rejoint Harry, Ron et Hermione dans leur compartiment en début d'après-midi. Ginny était allée rejoindre ses amies de sixième année. Luna, fidèle à elle-même, arborait des boucles d'oreilles et un collier étranges.
-Des têtes de mort? avait constaté Ron en les examinant plus attentivement.
-Oui. Ça se prête bien à la situation, tu ne trouves pas?
Ron ne répondit pas. Il se contenta, tout comme Harry et Hermione, de lever les yeux au ciel. Mais elle avait raison; elle disait simplement les choses...à sa manière. Elle n'avait en revanche pas Le Chicaneur avec elle. son père en était le directeur et elle en était très fière. Lorsque Harry lui demanda pourquoi elle ne l'avait pas emporté avec elle, la jeune fille perdit instantanément son air rêveur, et des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Harry la regarda, surpris de voir son amie pleurer pour des raisons qu'il ignorait. Neville vint l'éclairer.
-Hum...le père de Luna est hospitalisé à Sainte-Mangouste, expliqua-t-il, gêné. Il s'est fait agressé par des Mangemorts.
Le père de Luna lui aussi avait été attaqué par les partisans de Voldemort? Harry se maudit d'avoir négliger la lecture deLa Gazette du Sorcier
. Un article était sûrement paru sur l'agression de Mr Lovegood. Cela lui aurait permis d'éviter de blesser son amie.
-Excuse- moi Luna, dit-il.
-Ce n'est pas grave Harry, répondit-elle en reniflant bruyamment. Tu ne pouvais pas le savoir. Tu ne dois peut-être pas lire La Gazette. Ils en ont parlé....
-Est-ce qu'il va mieux maintenant? demanda Hermione après avoir lancé un regard appuyé à Harry. Elle s'assit près d'elle et posa une main sur son épaule pour la réconforter.
-Ça peut aller, dit Luna. Les médicomages disent qu'il est dans un état stationnaire, mais qu'il n'y a pas d'amélioration pour autant. Cela aurait pu être pire vous me direz. Il aurait pu mourir par exemple.
Chacun était plongé dans ses pensées. Un silence s'installa dès lors dans le compartiment, que seules les secousses du train venaient troubler. En fin d'après-midi, le bruit caractéristique du chariot de bonbons - que Ron attendait avec impatience - se fit entendre. Mais au lieu de la vieille dame qui avait l'habitude de leur vendre dragées surprises, chocogrenouilles et autres friandises en tous genres, Harry en ouvrant la porte du compartiment fit face à...
-Hagrid?! s'exclama-t-il à la vue du garde-chasse de Poudlard.
-Eh oui, c'est moi! Vous ne vous y attendiez pas, hein? demanda-t-il en adressant à tous un large sourire.
Le colosse n'avait pas tellement changé mais une certaine tristesse se lisait dans son regard. Les traits de son visage étaient tirés et sa barbe toujours aussi broussailleuse, ainsi que ses cheveux - aussi possible que l'on puisse donner le substantif "cheveux" à cette masse brune qui ornait sa tête. Il portait son inséparable imperméable, usé par le temps et qu'il avait si souvent recousu qu'il ressemblait plus à un puzzle maintenant.
-Mais qu'est-ce que vous faites là, Hagrid? questionna Hermione en serrant le demi-géant dans ses bras - ou du moins en tentant de le serrer dans ses bras. Hagrid était si immense et d'une telle stature qu'il était difficile de l'étreindre véritablement.
-On vous a quand même pas viré, j'espère? s'inquiéta Ginny qui venait de réapparaître.
-Non, pas de panique! L'Ordre m'a chargé de la surveillance du Poudlard Express. Depuis la disparition du professeur Dumbledore - sa voix vacilla - , ils ont jugé préférable d'installer une surveillance dès maintenant, "afin d'éviter tout incident notoire qui nous décrédibiliserait, et se traduirait par la fermeture pure et simple de Poudlard, avant même que l'école ne soit réouverte" a dit McGonagall.
Harry se demanda si son professeur de métamorphose et la directrice de sa maison avait fait référence aux enlèvements orchestrés par les partisans de Voldemort après la mort de Dumbledore. Ils avaient été relatés dans la Gazette du sorcier
, et n'avaient contribué qu'à renforcé la tension qui agitait non seulement le monde sorcier mais aussi le monde des moldus.
-Et y a-t-il d'autres membres de l'Ordre à bord du train?
-Non, pas la peine, répondit Hagrid en agitant la main. Je suis bien assez pour vous protéger. Mais d'autres Aurors sont postés aux abords de Poudlard. Bon, à part ça, ça a été les vacances? Il posait surtout cette question à Harry. Mais ce fut Ron qui répondit.
-Très bien merci, dit-il rapidement. Dites-moi, qu'est-ce que c'est que ce genre de confiserie, ce truc-là? Il désignait du doigt un petit tas de ce qui semblaient être des biscuits informes, qui ne mettaient pas forcément l'eau à la bouche.
-Des caramels que j'ai réalisé moi-même, répondit Hagrid avec un grand sourire. Je me suis permis de les ajouter aux autres friandises. Goûtes-en un, dit-il en tendant un de ses caramels à Ron. Tu m'en diras des nouvelles.
Les caramels en question ressemblaient plutôt à des petits rochers dont Ron ne doutait pas qu'ils avaient le goût et la consistance. Il se résout finalement à ne rien acheter.
-Euh...non merci Hagrid. C'est très gentil mais une espèce de boule au ventre, je ne peux rien avaler.
Hermione, Harry, Ginny et Neville tentaient tant bien que mal de dissimuler leurs fous rires. Luna, elle, restait impassible.
-Ah bon, dit Hagrid, visiblement vexé. En attendant, 'feriez mieux d'enfiler vos uniformes, ajouta-t-il d'un ton sec. On sera à Pré-au-Lard dans moins d'un quart d'heure.
Et il s'en alla. Harry crut percevoir le mot "ingrats" avant qu'il ne referme le compartiment


Une dizaine de minutes plus tard, Harry et les autres avaient revêtu leurs robes noires, et à présent le train ralentissait, signe qu'il allait entrer en gare d'un instant à l'autre. La nuit venait de tomber et de loin, on apercevait la silhouette imposante du château de Poudlard qui se rapprochait à vue d'oeil. L'intérieur du château était largement éclairé, ce qui lui donnait l'apparence d'une maison hanté, idéal pour Halloween. La lune, particulièrement lumineuse, éclairait les tours du château et la cime des arbres qui bordaient la lisière de la Fôret interdite, où se trouvait la cabane de Hagrid. En apparence, rien n'avait changé. Rien ne montrait que des événements atroces s'étaient déroulés en ces lieux. Rien, si ce n'est les mines apeurées qu'affichaient les élèves de Poudlard à la descente du train. Peu d'élèves avaient souhaité retourner dans leur école et ceux qui étaient présents ne paraissait désirer qu'une chose: remonter immédiatement à bord du Poudlard Express et retourner dans leurs familles qu'ils avaient quitté un peu à contre-coeur. Et c'était encore plus éprouvant pour les premières années qui faisaient leur entrée à Poudlard.
Tandis qu'ils se regroupaient sur le quai de la gare de Pré-au-Lard, des "ploc" familiers retentirent. Harry, constamment sur le qui-vive, mis la main dans la poche de sa robe, mais Hermione l'arrêta d'un geste. Il s'agissait en réalité d' Aurors envoyés par le ministère. Parmi eux, Harry reconnut Maugrey Fol "½il", qui hurlait déjà sur les premières années effrayés, afin qu'ils se mettent en rang. Accompagné de deux autres sorciers, il se mit à la tête de la rangée et l'amena près du Lac noir. Les nouveaux élèves s'installèrent tant bien que mal dans les barques , pas très rassurés et le cortège prit le large.
Contrairement aux années précédentes où plusieurs calèches, chacune tirée par des Sombrals, créatures cadavériques à la vague allure de cheval, avaient transporté les autres élèves jusqu'au château; c'était une seule et unique calèche qui patientait un peu plus loin, sur le quai. Etant donnée sa taille- immense -elle avait sûrement était magiquement agrandie. Mais malgré cela, Harry pensa qu'elle n'offrirait pas suffisamment d'espace pour tous les accueillir. Il jeta un coup d'oeil autour de lui: ils étaient environ quinze, une vingtaine tout au plus. Dans ces conditions-là...
-Allez les jeunes, s'écria soudain Hagrid qui se tenait près d'un Sombral qui s'ébrouait, sans le voir. en route, ne perdons pas de temps!
Le peu d'élèves qui se tenait là se dépêcha de monter à bord de la calèche. Lorsqu'ils furent tous confortablement assis- sans être serré le moins du monde - à l'intérieur, Harry reconnut quelques élèves des maisons Poufsouffle et Serdaigle qu'il avait dû croisé dans les couloirs de Poudlard. Mais aucun Serpentard. Il regarda ses amis qui, apparemment , en étaient arrivés à la même conclusion. Sitôt après que Dumbledore soit mort, ils avaient certainement dû rejoindre leur maître.
a mesure qu'ils se rapprochaient de l'imposant château de Poudlard, des de l'année précédente ressurgirent dans l'esprit d'Harry: le face à face entre Dumbledore et Drago devant les portes du château,



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# Posté le vendredi 15 juin 2007 06:42

Modifié le jeudi 28 février 2008 14:10