-Comment a-t-il pu oublier de prendre sa potion? s'indigna Hermione. Ce n'est pourtant pas si compliqué de la prendre une fois par mois!
Mrs Weasley,rongée par l'inquiétude,était montée dans sa chambre,laissant Harry,Ron,Hermione et Ginny dans le salon.
-Ecoute Hermione,c'est Rogue qui préparait sa potion... commença Harry.
-Ce n'est pas une raison,Harry! Si Mr Weasley n'avait pas été là, Remus aurait pu tous nous tuer!
-Hermione,tu exagères...dit Ron.
-Non,je suis réaliste! Remus est un excellent professeur et un très bon ami,mais il n'empêche que...
-Arrête Hermione! s'écria soudain Harry,faisant sursauter Ginny,assise près de lui. Tu ne sais pas ce que c'est de vivre en sachant que peut faire du mal à ses proches à tout moment! Tu ne crois pas qu'il se sent déjà assez coupable sans qu'il y ait des gens comme toi qui lui rappelle sans cesse que c'est un loup-garou,et qu'il ne pourra jamais en être autrement?!
Un silence de mort s'abattit dans la pièce. Hermione tremblait de colère,et ses yeux lançait des éclairs. Jamais Harry ne s'était mis autant en colère contre elle. En général, c'était plutôt le rôle de Ron.
"Elle a dépassé les bornes" se dit Harry,bouillonnant de rage.
-Je vais me coucher,dit Hermione après quelques minutes d'un silence tendu. Bonne chance Ron,pour ton permis.
Elle se leva d'un coup,comme si elle était assise sur des ressorts et fila vers les escaliers,suivie de près par Pattenrond dont on n'avait rarement aperçue la queue touffue depuis qu'Hermione était au Terrier. Ron,qui n'avait cessé de jeter des coups d'oeil furtifs à Harry et Hermione,alla se coucher peu après.
-Tu y as été un peu fort,non? demanda Ginny en se lovant dans les bras de Harry.
Il ne répondit pas tout de suite.
-Peut-être mais j'en aie marre que même ma meilleure amie traite Remus comme un monstre. C'est comme un père pour moi,tu comprends?
-Oui,mais tu connais Hermione. Elle a tendance à prendre les choses trop à coeur. Je suis sure qu'au fond,elle ne voulait pas te blesser.
-Eh ben je crois que c'est la seule chose qu'elle ait ratée depuis bien longtemps.
-Probablement...Bon je vais me coucher,dit Ginny en étouffant un bâillement.
-Moi je reste ici un moment, répondit Harry. Bonne nuit,ajouta-t-il en déposant un baiser sur les lèvres de Ginny.
-Bonne nuit. A demain.
Harry replongea dans ses pensées lorsque Ginny fut partie. Hermione l'avait déçue ce soir,et il était décidé à attendre ses excuses le temps qu'il faudra. Il y a quelques minutes,il aurait pensé qu'elle aurait été la dernière personne à critiquer Remus... Elle,qui soutenait tellement la cause des elfes de maison...Il repensa alors à ce que Sirius lui avait dit lors de sa quatrième année,et ce que Dumbledore lui répétait lorsqu'il était en vie:
"Reste proche de tes amis,Harry".Il ne reconnaissait même plus ses amis...
C'était encore le petit matin au moment où Ron et Harry finissaient de se préparer.
"Il risque d'y avoir foule demain,levez-vous de bonne heure,leur avait dit Mr Weasley. De plus,mieux vaut revenir le plus tôt possible,on ne sait jamais..."
Après avoir avalé un rapide petit-déjeuner, Mr Weasley fabriqua un Portoloin qui les fit atterrir une fraction de seconde plus tard,dans le grand hall blanc du ministère de la magie. Il était vide excepté la présence de quelques gobelins,procédant à des allées et venues quelque peu suspectes. Harry et Ron échangèrent un regard.
-Bon les garçons,direction l'étage des transports magiques. Quand ce sera terminé,rejoignez-moi dans mon bureau. On sera sûrement de retour à la maison pour le déjeuner. Bonne chance à vous deux!
-Arthur!
Mr Weasley leur fit un sourire puis se dirigea à grands pas vers l'homme qui l'avait interpellé,Amos Diggory.
Harry et Ron prirent l'ascenseur,bientôt suivis par une demi-douzaine de notes volantes. L'un et l'autre étaient anxieux à l'idée de ne pas obtenir leur permis de transplanage.
-Si j'échoue encore une fois,je crois bien que je ne m'en remettrais pas,dit Ron,une pointe d'inquiétude perçant dans la voix. L'ascenseur fit un bruit cinglant en s'arrêtant à l'étage des transports magiques. Ron sortit le premier...et se figea.
-Bonjour Ronald.
-Toi! dit Ron avec hargne.
C'était Percy. Pourtant,on avait dit qu'il avait énormément changé:les traits tirés,la mine fatiguée,il n'arborait plus cet air hautain et arrogant. Il semblait plutôt être triste.
"Plus humain en soi" pensa Harry.
-Ne m'adresse pas la parole! On ne se connait pas,compris?
Ron bouscula son frère aîné et se dirigea à grands pas vers la salle réservée aux transplanages, devant laquelle quelques élèves de Poudlard faisaient la queue. Il y avait également des élèves de l'école Beaux-Bâtons, que l'on reconnaissait à leur accent français. Harry s'apprêtait à rejoindre Ron quand Percy,qui n'avait pas bougé lorsque Ron avait laissé libre cours à sa colère,le retint par le bras.
-Il faut que je te parle Harry...commença Percy.
-Je n'ai pas de temps à perdre avec toi Percy, le coupa Harry en se dégageant de son étreinte.
-Je te demande simplement deux minutes de ton temps. S'il te plaît.
Harry consentit à les lui accorder.
-Je t'écoute.
-Je voulais te présenter mes excuses,dit Percy. Je voulais te dire que je regrette tout ce que j'ai dit sur ton sujet.
-A quel propos exactement? répliqua Harry d'un ton cinglant. Sur le fait que tu aies dit à Ron que je n'étais pas quelqu'un de fréquentable? Ou bien sur le fait que j'étais un gars complètement cinglé, qui ne cessait de raconter des mensonges juste pour s'attirer les bonnes faveurs de Dumbledore? Ou encore que ta famille avait fait une erreur en...
-Pour tout ce que j'ai pu te dire,Harry. Je regrette sincèrement. Je me rends compte aujourd'hui que monsieur Croupton...n'était pas un modèle à suivre (Harry savait combien il lui coûtait de critiquer un haut supérieur du ministère, bien qu'il ne soit plus en fonction), et je m'en veux d'avoir été aussi aveugle face à l'évidence. Je te demande de me pardonner mon erreur.
Harry réfléchit quelques instants.
-Excuse-toi d'abord auprès de ta famille, finit-il par dire. Après, on verra.
Harry laissa Percy planté devant les portes de l'ascenseur qui venait de s'ouvrir sur deux hommes,et alla rejoindre Ron.
-Alors,qu'est-ce qu'il te voulait,ce crétin? demanda-t-il.
Il était devenu écarlate et tremblait de colère, comme à chaque fois qu'il croisait son frère.
-Rien d'important,répondit Harry, en détournant les yeux sous le regard suspicieux de son ami.
-Ronald Bilius Weasley?
Quelques ricanements se firent entendre.
-Euh...ou...oui? bafouilla Ron,qui n'avait toujours pas perdu ses couleurs, bien au contraire.
-C'est à votre tour, dit la jeune sorcière qui venait de l'appeler. Veuillez entrer.
Elle jeta un coup d'oeil à la file qui ne cessait de s'allonger et soupira.
-Pffff... On en a encore pour un bon moment,dit une voix derrière Harry.
Il se retourna et fit face à Dean Thomas et Neville Londubat, ses camarades de Poudlard.
-Salut les gars! Vous allez bien?
Les trois gryffondors se serrèrent la main.
-Très bien, répondirent Dean et Neville à l'unisson. Et toi Harry,ajouta Neville,je suppose que ça n'a pas du être facile ces derniers temps?
-Je vais bien, rassura Harry. Cela fait longtemps que vous attendez?
-Mouais, ça fait à peu près une heure, répondit Dean. Ma mère a tenu à m'accompagner jusqu'à l'ascenseur,la honte... . Ils essaient de se dépêcher de faire passer tout le monde, ajouta-t-il en désignant la porte de la salle derrière laquelle Ron venait disparaître, à cause de tous les risques qu'on court dehors. Tu sais, les Mangemorts et tout ça...
-C'est sur,dit Harry. ils ne voudraient pas avoir d'autres agressions ou morts sur les bras...
Dean et Neville échangèrent un regard.
-Ma grand-mère m'a assuré ce matin en venant, qu'après tout ce qu'il m'était arrivé ces deux dernières années, il n'y a plus raison de s'inquiéter pour moi, dit Neville fier. Je saurais me débrouiller.
-Et ben si tu veux mon avis, c'est pas très rassurant souffla Dean à Harry.
Une quinzaine de minutes plus tard, la porte de la salle d'examen s'ouvrit à nouveau. Ron sortit, tout sourire.
-Je l'ai eu! Je l'ai eu Harry! s'exclama-t-il, brandissant un parchemin jauni comportant le sceau du ministère.
-Félicitations Ron!
-Alors, c'était difficile? s'empressa de demander Neville tandis qu'un certain Ryan Keir était appelé.
-Oh tu verras Neville,tu l'auras les doigts dans les pieds...
-Dans le nez Ron, rectifia Dean. On dit "les doigts dans le nez".
-Oui,c'est ce que je voulais dire. Bref, il n'y a aucune raison de s'en faire Neville, assura Ron la tête haute, vraiment aucune. J'aurai pu l'avoir les yeux fermés.
-C'est d'ailleurs pour ça que tu as échoué une première fois, dit Harry, un sourire niais sur les lèvres.
Ron se renfrogna et ne prononça plus un mot.
Il était neuf heures et quart lorsque "Harry James Potter" fut appelé. Après quelques tapes amicales et mots d'encouragement, Harry s'avança vers la salle d'examen, par laquelle le dénommé Ryan Keir sortait. Il bouscula Harry et s'éloigna d'un pas rageur. Harry se sentit de moins en moins rassuré.
La salle dans laquelle il entra avait à peu de choses près les mêmes dimensions que la Grande Salle de Poudlard où il avait l'habitude de prendre ses repas, mais était loin de dégager la même chaleur et le même accueil que cette dernière. Le plafond était si haut que l'on avait du mal à le voir. Harry se demanda comment le ministère pouvait renfermer une aussi grande salle. Les murs étaient en pierre brute, et les deux seules fenêtres où les faibles rayons du soleil peinaient à éclairer la salle ressemblaient plus à des meurtrières qu'à autre chose. Quelques bougies au lueurs tremblotantes suspendues en l'air contribuaient à rendre l'atmosphère plus lourde. Il était certain que les conditions n'étaient pas idéales pour passer un examen de transplanage en toute sérénité-ou sécurité.
Harry alla se placer devant les trois personnes assises au fond de la salle et qui constituait à n'en pas douter le jury d'examen. Il se composait de deux hommes et de la femme qui venait de le convoquer dans le couloir: l'homme assis au milieu semblait être le président du jury. Le teint cireux, les cheveux raides et les yeux aussi noirs que ceux de Harry étaient verts, il le regardait avec intérêt. Ses yeux s'attardèrent une fraction de seconde sur la cicatrice de Harry,que celui-ci s'empressa de rabattre quelques mèches sur son front. Les deux autres membres du jury, occupés mettre de l'ordre dans leur papier, n'accordèrent pas un regard à Harry.
-Bien... veuillez décliner votre identité jeune homme, demanda l'homme au teint cireux.
-Harry James Potter,17 ans, élève à Poudlard...monsieur.
Lorsque Harry prononça le mot "Poudlard", le deuxième homme émis un toussotement discret.
-Bien, reprit le président du jury sans tenir compte de l'intervention de son collègue. Placez-vous à l'intérieur du cerceau devant vous. (Harry s'exécuta). Maintenant, vous allez tenter de transplaner dans celui situé à l'autre bout de la salle. Veillez à bien vous concentrer et surtout pensez aux trois D: Décision, Détermination et D............... Ne vous inquiétez pas si quelquechose tourne mal, nous serons là pour intervenir. Allez-y.
Harry hocha la tête. Ses mains tremblaient et son coeur battait si vite que Harry se demanda s'il n'allait pas s'évanouir avant même d'avoir tenter quelquechose. "Décision, Détermination et D.............." pensa-t-il très fort. Il fixa le lieu où il devait atterrir et grava l'image dans sa tête. A peine avait-il fermé les yeux qu' Harry ressentit cette sensation familière- et pour le moins désagréable -comme s'il était compressé dans son propre corps et qu'il ne contrôlait plus sa respiration. Elle se dissipa peu à peu lorsqu'il rouvrit les yeux et s'aperçut avec satisfaction qu'il était arrivé à bon port, et entier.
-Très bien monsieur Potter. Dernier exercice. Vous allez transplaner dans le hall du ministère et revenir toujours en transplanant. Allez-y, mon assistante vous attend.
Harry remarqua en effet que la jeune femme présente il y a quelques minutes avait disparu. Il visualisa le hall du ministère: le bureau des gobelins en face de l'entrée, la petite fontaine surmontée des statues d'un gobelin, d'un elfe et d'un sorcier situé près de l'ascenseur, permettant d'accéder aux différents étages du bâtiment. Il ferma les paupières. Et comme la première fois, Harry réussit son transplanage, tellement bien qu'il manqua de renverser la sorcière membre du jury, qui lui adressait un large sourire.
-Je crois ne pas me tromper en vous annonçant que vous venez de réussir votre examen avec succès, monsieur Potter. Retournons en salle d'examen pour la remise de votre permis.
Et dans un léger "pop", elle disparut. Harry la suivit.
Revenu en salle d'examen, il fut chaleureusement félicité par l'homme au teint pâle, qui lui serra la main deux bonnes minutes- ce qui parut à Harry légèrement excessif - et lui remis enfin le permis de transplanage. Harry saisit le bout de parchemin comportant le sceau du ministère, et s'empressa de sortir la salle. Il s'apprêtait à tourner la poignée de la porte quand il sentit un regard sur lui. Il se retourna mais les juges s'étaient déjà replongés dans leur parchemins. Harry pensa que c'était sûrement son esprit qui lui jouait des tours, et sortit. L'homme au teint pâle se frotta l'avant-bras avec vigueur.
Ron, qui avait repris sa bonne humeur, vint à sa rencontre et le félicita à son tour en énumérant toutes les choses qu'ils pourraient désormais faire sans autorisation préalable de Mrs Weasley, entre autres. Après avoir dit au revoir à Dean et à Neville qui venait d'être appelé, Harry et Ron se dirigèrent vers l'ascenseur pour descendre au département du détournement des objets d'artisanat moldu, où travaillait Mr Weasley. Au détour d'un couloir, ils aperçurent Rufus Scrimgeour, l'actuel ministre de la magie marchant un grand pas, et lançait de temps à autre de petits coups d'oeil furtifs derrière lui.
-Tiens c'est bizarre, papa m'a dit qu'il devait se rendre en France, dit Ron en le désignant de la tête. Il était censé avertir son homologue de la guerre qui se prépare...
-Harry avait déjà sorti sa cape d'invisibilité qu'il gardait toujours avec lui, dissimulée sous ses vêtements.
-Qu'est-ce que tu fabriques...?
-Vite, le coupa Harry en se cachant derrière un pan de mur. Mets-toi sous la cape, on va le suivre.
-Mais pourquoi faire? protesta Ron qui s'enveloppa tout de même de la cape.
-Tu viens de le dire toi-même. Ce n'est pas normal qu'il ne se soit pas rendu en France pour les prévenir de la guerre. D'autant plus que j'aimerais bien savoir pourquoi il a l'air si pressé...
Ron poussa un léger soupir tout en se pressant aux côtés de Harry pour rattraper Scrimgeour. Leurs pieds dépassaient de la cape d'invisibilité mais ils ne s'en souciaient pas. Ils faillirent percuter le ministre de plein fouet lorsqu'il s'arrêta brusquement devant son bureau. Il jeta un dernier coup d'oeil dans la direction de Ron et Harry-et par chance ne vit pas le bout de leurs baskets dépasser-et entra. Harry et Ron réussirent à se faufiler in extrémis dans la pièce.
Le bureau de Rufus Scrimgeour donnait l'impression à Harry de celui de l'inspecteur de police qu'il avait l'habitude de regarder à la télévision lorsque les Dursley sortaient-chose assez rare- plus qu'au bureau d'un ministre de la magie. Peu meublée, les murs étaient tapissés de coupures de journaux et de diverses images en noir et blanc lançant tantôt des regards chargés de haine, tantôt des coups d'oeil apeurés à Rufus Scrimgeour. Les fenêtres de la pièce étaient cachées par des rideaux sombres qui laissaient à peine filtrer la lumière du jour. Un large bureau occupait la majeure partie de l'espace, ainsi qu'un fauteuil matelassé en cuir rouge sang, dans lequel alla s'asseoir Scrimgeour, l'air soucieux. Le ministre fixait avec intensité la cheminée qui lui faisait face. Un feu doux crépitait dans l'âtre, ce que Harry trouva anormal étant donné l'heure avancée et la chaleur d'été encore présente. Moins d'une minute plus tard, les flammes tremblotèrent quelques instants et un visage apparut. Ron et Harry le reconnurent aussitôt : c'était le président du jury d'examen, l'homme au teint pâle.
Rufus Scrimgeour se leva brusquement de son siège,se dirigea vers la cheminée et fit face à l'homme. Celui-ci le regardait fixement, une lueur de mépris dans son regard, très perceptible même dans les flammes. Il semblait bien différent de l'homme devant lequel Harry et Ron venaient de passer.
-Vous savez pertinemment qu'il est risqué de me contacter ici! dit Scrimgeour ,tentant de maîtriser sa voix qui tremblait légèrement. Que me voulez-vous?
Harry et Ron, jusque-là recroquevillés dans un coin de la pièce, s'approchèrent un peu plus du ministre.
-Tsss tsss...ici c'est moi qui pose les questions, rétorqua l'homme d'un ton sans réplique. Avez-vous accompli la tâche que je vous ai confié?
-Oui, le conseil a finalement accepté de rouvrir Poudlard. Et ça n'a pas été une mince affaire...
-Peu importe les détails Scrimgeour. L'important est que cela ait été fait. Désormais, il faut s'assurer qu'il revienne à Poudlard. C'est capital.
Le ministre blêmit.
-Attendez, il n'a jamais été question de son retour à Poudlard!
-Je n'ai que faire de ce dont il a été question ou pas. Je me charge de transmettre les instructions du Maître et je vous conseille grandement de les exécuter. Vous ne voudriez tout de même pas contrarier le Maître? après ce qu'il vous a promis?
-Bien sûr que non,s'empressa de répondre Scrimgeour, le front en sueur. Mais maintenant que Dumbledore est mort, je doute qu'il y revienne de plein gré...
-Débrouillez-vous! aboya l'homme et des germes d'étincelles jaillirent dans l'âtre. Ce n'est pas mon problème. Contentez-vous de faire ce que l'on vous demande et en toute discrétion, cela va de soit.
Il se volatilisa dans un dernier jaillissement d'étincelles. Le ministre resta un moment devant la cheminée, contemplant le feu qui s'éteignait peu à peu. De grosses gouttes perlaient sur son front. Harry se demanda si cela était du à la chaleur suffocante qui régnait dans la pièce, ou plutôt à la frayeur que lui procurait la conversation qu'il venait d'avoir avec l'homme au teint pâle. Soudain, Scrimgeour se leva et sortit du bureau en claquant la porte de la pièce.
Ron se débarrassa de la cape d'invisibilité.
-Et ben ça alors!